Greta Thunberg, Victor Noël, Charlie… des figures qui ont émergé sur la sphère publique pour défendre l’avenir de notre planète. Chacun d’eux agit à son échelle. Leurs initiatives inspirantes ont débouché sur des manifestations partout dans le monde. Avec une dimension assez inédite cette fois : la jeunesse des protagonistes.
Ils  démontrent que la  maturité n’est pas une question d’âge mais bien de responsabilité. Cette dernière s’impose, de plus en plus, tôt face à l’urgence climatique. La prise de conscience collective quant à l’importance d’agir concrètement pour la planète est en marche. Mais pour accélérer le pas, pourquoi ne pas sensibiliser plus largement sur les questions environnementales ?
Peu importe l’âge, l’environnement est une cause qui nous concerne tous et sur laquelle nous nous devons d’être informée. Les écoles, lieux d’apprentissage par excellence, dispensent-t-elles suffisamment d’informations sur le sujet ? L’écologie doit-elle occuper une place à part entière dans l’emploi du temps des écoliers ?


La révolte écologique initiée par la jeunesse

 

Greta Thunberg, à l’origine du Friday For Future, nommée au Prix Nobel de la Paix incarne parfaitement ce phénomène. Inviter tous les écoliers à se rendre dans les rues le vendredi pour réclamer d’une seule voix des actions concrètes de la part des institutions. En faisant cet appel mondial, la suédoise de 16 ans, a essuyé des critiques. Des réactions assez habituelles quant à un supposé opportunisme des écoliers qui profiteraient de l’occasion pour ne pas aller en cours. Puis le mouvement a pris de l’ampleur à tel point que la jeune suédoise peut aujourd’hui prendre la parole lors d’évènement comme lors du Parlement Européen le 16 avril à Strasbourg et regarder dans les yeux les grands décideurs.

« Pourquoi apprendre si l’avenir est si compromis ? »Greta Thunberg


En France, nous avons, aussi, des acteurs inspirants. Victor Noël a fait le buzz à Metz en réunissant plus de 1500 personnes et 79 associations le 9 mars dernier pour une marche pour la biodiversité. A tout juste 14 ans, Victor a déjà pleinement conscience des enjeux qui l’attendent, en témoignent ses paroles frappantes « Je ne m’imagine pas le futur ». Charlie a lui été plus largement médiatisé pour avoir interpellé le président français Emmanuel Macron lors d’un déplacement en région PACA à l’occasion du Grand Débat :

« Puisque c’est l’argent qui nous a amenés à négliger l’écologie, vous pensez qu’on pourra acheter une nouvelle planète avec de l’argent ? » Charlie, collégien interpellant Emmanuel Macron

Une question qui a provoqué l’étonnement du public et qui confronte deux dimensions. La première, l’argent, le bénéfice, la vision à court terme et la priorisation des intérêts individuels. La deuxième, une vision à plus long terme, le qualitatif plutôt que le quantitatif et l’intérêt collectif au premier plan. Une opposition plus complexe qu’elle en a l’air. D’autant plus que l’échelle du temps s’est raccourcie quant à la possibilité d’agir pour l’environnement… Aussi, il est crucial de sensibiliser les jeunes dès le plus jeune. C’est pourquoi les enseignants ont un rôle prépondérant.


Quel meilleur endroit que l’école pour comprendre qu’il faut, dès à présent, adopter des solutions pour préserver la planète ?

 

“Nous enseignons parce que l’avenir ne doit en aucun cas être compromis. Nous, éducateurs, sommes responsables de votre avenir intellectuel et social. Notre responsabilité et notre éthique nous dictent de réclamer des garanties pour votre futur et de vous préparer à prendre la relève du travail que nous commençons aujourd’hui.” – Ange Ansour, directrice de l’école Savanturiers-École de la Recherche et membre de EPLP

Une vision qui répond à une attente grandissante pour de plus en plus d’élèves. Ces derniers ont besoin d’être informé sur un sujet qui les concerne plus que jamais. L’éternel “Tu verras quand tu seras plus grand” n’a jamais sonné aussi faux. La nécessité d’agir, dès aujourd’hui, pour la planète relève de l’urgence. Comment faire, dès lors, pour que les enfants tiennent des discussions constructives avec leurs parents ? La réponse se trouve peut-être en l’éloignement, au moins partiel, des questions “innocentes” posées habituellement par les enfants aux adultes lorsqu’ils veulent aborder des sujets dits “sérieux”. L’avenir de la planète est sans aucun doute l’un des sujets les plus importants à aborder entre parents et enfants. La construction d’un argumentaire pertinent chez les jeunes permet d’autre part d’éviter le phénomène du “je ne savais pas”. Pour mener une action, la première étape est l’information et la pleine maîtrise du sujet.


Ecole et écologie, un mariage compliquée mais pourtant si évident



Bien que l’intégration d’un cours à part entière sur l’environnement semble encore complexe. Pourquoi ne pas aborder l’écologie sous divers angles offerts par les différentes matières enseignées ?
Les enfants ont le pouvoir de mettre les adultes devant le fait accompli. D’un coté, le sentiment de culpabilisation de n’avoir pas réalisé assez d’efforts pour préserver la planète. De l’autre, l’inquiétude quant au monde dont les futures générations vont hériter. Les adultes ont le pouvoir d’agir, dès aujourd’hui, à plus grande échelle. Le dicton “la vérité sort de la bouche des enfants”, a une toute autre résonnance aujourd’hui. Des questions encore plus insistantes sur la responsabilité des anciennes générations sur la situation environnementale d’aujourd’hui ? Et peut-être que les enfants seront une source de remise en question de nos comportements.