Clear Fashion vous met à nu

Le pétrole, la mode et les transports. La deuxième place derrière l’agriculture. Sur ces deux podiums, la mode occupe une place de choix. Mais loin du monde féérique des défilés, ces podiums sont plutôt ceux de la honte. En effet, l’industrie de la mode est, avec 1,2 milliard de tonnes de CO2 émis par an, la plus polluante après celle du pétrole. Pire encore, selon l’ADEME, elle devrait multiplier par 6 son bilan carbone et représenter 25% des émissions totales de gaz à effet de serre de la planète d’ici 2050 ! D’autre part, la mode talonne l’agriculture en ce qui concerne la consommation d’eau avec plus de 4% de l’eau potable mondial. Par exemple, la production d’un simple t-shirt nécessite en moyenne l’équivalent de 70 douches ! Mais comment peut-on faire pour adopter un dressing éco-responsable ? Dans l’article La mode écolo, seule tendance qui traverse les saisons, nous parlions du projet Clear Fashion, qui va révolutionner votre manière de faire du shopping. Et bien aujourd’hui, nous avons la chance d’interviewer Aran, chargée de communication pour la start-up française…
 

Avant de débuter l’interview, un rapide rappel du principe de Clear Fashion

 

  • A quoi sert l’application ?

  • Quelles sont les critères de notation ?

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  • Une expérience intuitive et personnalisée

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    Prêt à vous mettre à nu ?


    L’équipe Clear Fashion, start-up française lancée en 2018

    Bonjour Aran, merci de nous accorder de votre temps pour vous présenter à notre communauté. Pouvez-vous, s’il vous plaît, De qui est composée l’équipe Clear Fashion ?

     

    Nous sommes une petite équipe ! Il y a les deux fondatrices, Rym et Marguerite, un développeur, une chargée de com, une personne qui gère les réseaux sociaux et quelqu’un qui s’occupe du système de notation. Nous sommes incubé chez Look Fordward by Showroomprivé et nos locaux sont à Saint Denis.
     

    Comment vous est venu l’idée de lancer ce projet ? Et dans quel but ?

     

    L’idée de l’app est venue de Rym et Marguerite, deux ingénieures agronomes. Elles ont fondé Clear Fashion, auparavant nommée Clothparency, pour apporter de la transparence dans le secteur de la mode.
     

    Face à l’opacité de certaines marques quant à leurs méthodes de fabrication des vêtements, comment faîtes-vous pour fournir des informations pertinentes à vos utilisateurs ?

     

    Si les marques ne communiquent pas et ne sont pas transparentes, elles seront moins bien notés. On a un partie pris, quand on manque d’information de la part d’une marque, c’est un risque. En fait, on considère que ne pas avoir des infos c’est un risque pour les marques. Nous pensons qu’une marque qui n’a pas d’informations, produit probablement de manière risquée. Nous avons créé un système incitative, pour que les marques apportent des informations.
     

    La Fashion Week a débuté lundi à Paris. Que pensez-vous du comportement des maisons de haute couture vis-à-vis des enjeux écologiques contemporains ?

     

    Dans le domaine du luxe, nous avons peu des marques de luxe référencées sur l’application, nous espérons que les marques puissent devenir plus transparents en participant. Dans les acteurs du luxe il y a du secret et beaucoup de confidentialité : nous croyons que c’est en opposition à la transparence. Et la transparence est aujourd’hui encore éloignée de leur image de marque. Il est enocre difficile d’avoir une perception des engagements réels des marques du luxe.
     

    Que pensez-vous des applications comme Vinted, qui propose des vêtements de seconde main sur une plateforme en ligne ? Est-ce selon vous un bon moyen de lutter contre le “fast-fashion” et la pollution qu’il engendre ou au contraire, une incitation à l’achat compulsif et à la surconsommation de vêtements ?

     

    Nous croyons que le mieux dans la consommation responsable c’est d’acheter de seconde main avant d’acheter du neuf. Par contre nous ne connaissons pas les chiffres sur la consommation dans le secteur du réemploi.
     

    Le 23 août 2019, 30 grands groupes ont signé un “pacte de la mode” dans lequel les marques s’engagent à “des actions compatibles avec la trajectoire à 1,5°C de réchauffement climatique, via une “juste transition” pour atteindre zéro émission nette de CO2 en 2050». Pourtant certaines ONG dénoncent un accord basé sur le volontariat et non-contraignant, ce qui pourrait amener à ne pas sanctionner des comportements non conformes à cette promesse. Quel est votre avis là-dessus ?

     

    Nous attendons de voir que le grands groupes se positionnent et voir si leurs engagements sont à l’hauteur de leurs pratiques. Mais pour l’instant leurs objectifs sont très long termistes… Nous espérons qu’il s’engagent via des mesures concrètes !

    On a récemment appris qu’Intermarché allait modifier la recette de près de 900 de ses produits pour être conforme avec les attentes des 11 millions d’utilisateurs français de Yuka. Pensez-vous qu’il est possible que de tels progrès puissent arriver dans le secteur vestimentaire ?

     

    Nous venons de commencer, nous allons étudier ça. Ce qu’on a remarqué dans le secteur de la mode, c’est que Clear Fashion a permis aux acteurs de faire un état de lieu, de négocier des audits et de recruter des personnes notamment dans les départements de RSE, donc oui, ça a un impact !
     

    Quel avenir pour notre shopping ?

     

    Surnommée “le Yuka de la mode”, application fonctionnant sur le même principe pour l’alimentaire et les cosmétiques, Clear Fashion veut donner du pouvoir à nos achats. En offrant plus de transparence à nos choix d’achat de vêtements, l’app nous permet d’avoir un meilleur aperçu de notre dressing tout en poussant les marques à se conformer à ces nouvelles attentes. En effet, les plus de 11 millions utilisateurs de Yuka ont par exemple incité Intermarché à changer la recette de plus de 900 de ses produits pour être mieux noté sur l’app. On espère donc qu’une prise de conscience similaire verra la lumière dans le secteur de la mode !