Êtes-vous atteints d’éco-anxiété, la maladie du 21ème siècle ?

Il est trop tard, on est foutu, l’humanité va s’éteindre bientôt et on ne peut plus rien n’y faire…. Face aux prévisions plus que pessimistes concernant le réchauffement climatique, il est difficile de garder la tête froide. Disparition de la biodiversité, fonte des glaces entraînant la montée des eaux et la future disparition de certains territoires. Les scientifiques et climatologues se montrent de plus en plus fatalistes et regrettent le manque d’actions. Coincés entre deux discours, l’un alarmiste suppliant d’agir immédiatement, l’autre plus tempéré avec l’annonce de plans à plus long termes, certains citoyens ne savent plus où donner de la tête. Et ils pourraient bien la perdre s’ils sombrent dans l’éco-anxiété…

I. Qui sont les victimes de l’éco-anxiété ?

Également qualifié de dépression verte, le traumatisme touche majoritairement les jeunes. Plutôt logique puisque ce sont eux qui devront faire face aux maux de la planète abîmée par leurs ancêtres. Une étude de l’Université de Melbourne confirme cette inquiétude omniprésente dans l’esprit des nouvelles générations. Selon le rapport, la génération Y, soit les individus nés entre 1980 et 2000, placent la question environnementale en tête de liste de leur préoccupation. Le reste du top 5 est complété par l’incertitude du marché du travail, la toxicomanie, la possibilité de s’offrir un logement et la santé.

La génération X (cohorte 1), qui précède celle des Millennials, la Y (cohorte 2), s’inquiète également de l’avenir de leurs enfants.

Pour mieux comprendre le quotidien des éco-anxieux, VICE est allé à leur rencontre. Morceaux choisis.

Depuis la nuit des temps, dans toutes les sociétés, on a eu peur de la fin du monde. Ben là, c’est vrai.

Justine, 24 ans

Je rumine beaucoup, j’ai des pensées qui tournent sans arrêt, je n’arrive pas à me concentrer, c’est vraiment épuisant.

Emy, 38 ans

Je vois une paille de plastique par terre et je m’imagine une tortue en train de la manger, et je me dis “merde”, je dois la prendre !

Léo, 16 ans

II. Les symptômes

  • La volonté de refuser l’utilisation d’un sac plastique, des pailles et ou de prendre des transports trop polluants peut mener à deux syndromes. Premièrement, une certaine angoisse si l’on doit se rendre d’un endroit inconnu où ces principes écologiques ne seront pas forcément en mesure d’être respectés.  Ensuite, elle peut conduire à un sentiment de mal-être et de culpabilité si l’on trahit ses valeurs, même si il n’y avait pas d’autres choix.
  • La frustration, l’énervement et la colère. Être ouvertement écolo peut fragiliser certaines relations sociales. Face aux discours des climato-sceptiques ou simplement le manque de comportements éco-responsables autour de soi, la patience atteint vite ses limites. Enfin, la déception, le sentiment d’avoir des valeurs marginales peut mener à de la fatigue sociale. Une envie de s’isoler par peur d’être une nouvelle fois déçu par autrui. 
  • Des cauchemars. Ce n’est pas un secret. L’angoisse est l’ennemie de nos nuits. Ainsi, pour certains des cas les plus extrêmes, le sommeil peut devenir un écran passant des films catastrophes lorsque les yeux se ferment.  
  • Le fatalisme, la difficulté d’envisager un avenir. L’envie d’avoir des enfants peut être coupée par le manque d’espoir de leur laisser un monde vivable. On peut même être amené à se demander si c’est un choix égoïste d’avoir un enfant.

III. L’antidote

Le meilleur moyen de soigner une maladie dont les interactions sociales et les actions d’autrui sont des principaux responsables, est paradoxalement d’en parler autour de soi. Mais attention, il ne faut évidemment pas effectuer cette thérapie auprès d’individus dénués de bonnes intentions écologiques. Il faut bien entendu sensibiliser un maximum de personnes, mais en cas d’éco-anxiété, mieux vaut attendre ou alors agir à plusieurs pour éviter une rechute. Et justement, pour trouver des alliés dans la lutte pour la préservation de la planète, il faut prospecter auprès d’individus qui comprennent et partagent nos sentiments. Récemment, les initiatives et autres marches pour le climat se sont multipliées à travers le monde. Ces dernières peuvent parfaitement remplir ce besoin de socialisation.

Ainsi, elle peuvent permettrent de faire naître et ou exacerber un sentiment d’effervescence et d’appartenance collective. Le fait de se sentir compris, entouré et membre d’un mouvement qui s’agrandit est le meilleur moyen d’être rassuré et surtout, rester motivé pour encourager le changement !