Le don 2.0, ou comment donner sans monnaie

Une baisse historique. En 2018, les dons ont chuté de 4,2% selon France Générosités. “Du jamais vu depuis au moins 1995, lorsque les grandes grèves avaient totalement perturbé les collectes de fin d’année », selon Jacques Malet, président du réseau d’experts Recherches et solidarités. Pour contrer ce progressif désengagement, les associations cherchent à insuffler un nouvel élan au don. Et pour cela, elles peuvent compter sur des nouvelles initiatives qui modernisent la façon de donner.

Donner à l’heure du digital

#TechForGood. Le hashtag est devenu un incontournable pour les initiatives qui veulent faire de l’innovation technologique une opportunité de “faire du bien”. Il y a encore quelques années, le don pouvait s’apparenter à des jeunes hommes et femmes, souvent habillés en fluo, rodant autour des universités et écoles dans l’espoir de dénicher des donateurs. Ou encore, une célèbre émission diffusée tous les premiers week-end de décembre sur France Télévision. Mais aujourd’hui, ces clichés tendent à disparaître. Quelles sont les nouvelles formes du don 2.0 ?

1 – L’arrondi lors du paiement

Son principe est simple, lors d’un achat réglé par carte bancaire, le terminal de paiement vous propose d’arrondir le prix. Par exemple, au lieu de payer 19,90€, vous pouvez payer 20€, les 10 centimes de différence étant reversé à une fondation ou une association. Une méthode qui permet de multiplier les petits dons mais qui à grande échelle constitue une somme non négligeable. De plus, la “satisfaction” de payer un prix rond sans chiffre après la virgule peut être un levier original à activer pour convaincre certaines personnes de donner.

2 – Les moteurs de recherches solidaires

Ecosia, Lilo, Youcare. Ces 3 acteurs partagent un même objectif : “faire du bien” mais ont chacun d’entre eux un moyen propre pour parvenir à ses fins. Ecosia, surement le plus connu d’entre eux, est un moteur de recherche allemand qui promet de réinjecter l’argent généré par les recherches de ses utilisateurs dans la reforestation. Ainsi, c’est plus de 60 millions d’arbres qui auraient été planté depuis 9 ans. Lilo, la start-up française, fonctionne sur le même principe mais plutôt que des arbres, elle offre la possibilité à ses utilisateurs de répartir les “gouttes” qu’ils reçoivent. Ces dernières découlent de la navigation des internautes sur Lilo, et peuvent être réparties, selon la volonté de l’utilisateur, à des projets sociaux et environnementaux. Depuis leurs début, Lilo, qui garantit le respect de la vie privée de ses utilisateurs sur Internet, a pu reversé 1,9 millions d’euros grâce a ses derniers ! Enfin, YouCare, initiative également née dans l’hexagone, promet de servir un repas à des animaux abandonnés toutes les 45 recherches. Et quand on sait que les moteurs recherches sont devenus de véritables encyclopédies numériques, on se dit que cette nouvelle forme de don peut avoir un énorme impact.

Nous passons un temps considérable sur nos smartphones. Et outre l’utilisation professionnel, social ou ludique que l’on en fait, nos ordinateurs de poche peuvent également être un moyen rapide et intuitif de donner. Pas le temps de donner ? Indécision quant au choix de l’association à qui donner ? Doute quant aux bonnes intentions de certaines associations ? Pas de panique ! De nombreuses applications pour vous aider ont fleuri sur les stores.

Le Don

Difficile de faire plus claire. L’application Le Don, vous permet de donner à tout moment et à des associations de votre choix. Une solution rapide, simple et intuitive pour “faire du bien” et tout cela, à portée de main.

Goodeed

Bienvenue ! Nous sommes une communauté de 315 667 membres qui donne tous les jours pour financer des projets solidaires. Sans dépenser un seul centime.

Le message d’accueil a de quoi donner envie. Mais comment peut-on “financer, sans dépenser un seul centime” ? Tout simplement en faisant don d’une autre richesse que celle qui se trouve dans notre porte-monnaie, notre temps, lui aussi précieux. Goodeed vous propose de visionner des publicités de 20 secondes. Les bénéfices tirées de ce visionnage sont reversés à des associations proposées. Mais pour unir les forces et accroître l’impact de cette récolte de fond. Goodeed ne perd pas ses utilisateurs dans une multitude d’organisations caritatives. A la manière d’un crowdfunding, chaque projet a un objectif de financement fixé dès le départ et disparaît donc une fois que ce dernier a été atteint. Un utilisateur ne pourra pas non plus se focaliser sur un unique projet. Goodeed lui proposera de répartir ses dons sur d’autres projets. Nous avons donc ici une forme de don collectif, encadrée, optimisée et donc efficace.

EcoMail


Selon Médiamétrie, on dénombre 53,1 millions d’internautes français en mars 2019. L’équivalent de 84,5% des habitants de 2 ans et plus de l’hexagone, parmi lesquels 45,1 millions déclarent se connecter quotidiennement à internet. Il convient d’ajouter que chacune de ces personnes possèdent au moins une boîte mail. Un temps consacré à la lecture, l’envoi et le tri des mails qu’EcoMail veut transformer en bonne action. EcoMail vous propose de prendre un forfait annuel de 10 euro par an. La recette est ensuite divisée en deux parts égales : 50% pour des associations, 50% pour le fonctionnement du service. Après Cleanfox, EcoMail veut donc prendre appuie sur l’omniprésence des mails dans notre vie de tous les jours pour inciter à une utilisation repensée de l’e-mailing pour en faire sur une bonne action quotidienne.

Le don évolue, le profil des donateurs également

France Générosités nous offre ici un portrait robot du donateur du futur. On observe un décalage entre la volonté d’agir et la connaissance des moyens pour le faire. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Et bien, plutôt une bonne nouvelle, le profil du donateur a évolué. Les jeunes sont plus sensibles aux outils numériques et toutes les applications intuitives. Une partie de la solution réside dans cette dimension. Inciter de nouvelles personnes à donner via des systèmes modernes voir ludiques permettra certainement de casser les barrières contraignantes du don dit traditionnel et de relancer la donation. Et la marge de progression est encore grande !