La planète évolue et les attentes des individus qui la peuple font de même. La question du développement durable prend de plus en plus de place au sein du débat public, plutôt logique tant l’urgence environnementale se fait ressentir. Dans un précédent article, nous vous parlions du poids de nos choix sur les décisions prises par les institutions et les entreprises. Nous allons donc voir, cette fois, les entreprises qui passent au vert et pourquoi il est plus que jamais indispensable d’adopter un comportement de consommateur responsable…

Les entreprises ne sont rien sans leurs consommateurs


Cela peut paraître évident pourtant cette dimension est trop souvent oubliée : la priorité de toutes entreprises est de satisfaire ses clients. Ainsi, choisir un produit plutôt qu’un autre amène les entreprises à repenser leur modèle à moyen et long terme. Cependant, il ne faut pas omettre la dimension économique qui reste le facteur numéro un à prendre en compte pour beaucoup de consommateurs. Payer quelques euros voir centimes de plus pour un produit respectueux de l’environnement a néanmoins plus d’impact que l’on pourrait penser. De plus, les systèmes de ventes en phase avec une démarche durable telle que la vente en vrac permet de réaliser des économies et donc de faire du bien à la planète et à notre porte-feuille. Sans oublier notre santé qui est fortement corrélé à la qualité de notre alimentation.


Des exemples inspirants à travers le monde

La belle histoire a fait le buzz récemment : en Nouvelle-Zélande, un supermarché a fait le pari de ne plus emballer ses fruits et légumes et a observé des résultats impressionnants. Le chiffre parle pour lui-même : une augmentation nette des ventes pouvant aller jusqu’à 300% pour certains produits ! Témoin de l’engouement quant à son initiative baptisée Food In Nude, Nigel Bond raconte :

Lorsque nous avons installé les nouveaux étals, les clients ont été époustouflés. Cela m’a rappelé que, lorsque j’étais enfant et que j’allais chez le primeur avec mon père, je pouvais sentir les agrumes frais et les oignons nouveaux. En emballant les produits dans du plastique, nous privions les gens de cette expérience. »

Selon une étude réalisée par la NN Investment Partners, une entreprise cotée sur cinq dans le monde aurait un impact positif, socialement et ou au niveau environnemental. Encore une fois, la corrélation entre gain de clients et gain pour la planète est visible. Ainsi, ces entreprises présentent des meilleurs taux de croissance et de rendements que les sociétés qui ne suivent pas la même démarche responsable. Cerise sur le gâteau, les sociétés les plus vertueuses écologiquement réalisent également des économies !

Et la France dans tout ça ?


En France, les grands acteurs du commerce commencent également à se mobiliser pour des rayons plus écolo. Le « Pacte national sur les emballages plastiques  pour 2025 » présenté par le Ministère de la Transition Ecologique a obtenu la signature de nombreux d’entre eux et issus de divers domaines tel que Danone, L’Oréal, Coca-Cola, Auchan ou encore Carrefour. Carrefour a d’ailleurs lancé il y a quelques semaines sa campagne We Act For Food qui rappel l’application We Act For Good développée par WWF France et qui incite chacun et chacune de nous à adopter des comportements éco-citoyens. Le géant du retail français vise lui la suppression progressive des emballages plastiques. Dès cette année disparaîtront les barquettes en polystyrènes au profit de barquette en carton, une économie de 111 tonnes de plastiques selon le groupe français. Même scénario pour les bananes et les concombres, deux produits phares, qui permettront à eux-deux d’éviter la production de près de 30 tonnes de plastiques par an.

Des consommateurs, plus que jamais acteurs


En octobre dernier, l’association Zero Waste France a déposé une plainte contre les deux géants du fast-food, McDonald et KFC. Pour quel motif ? Tout simplement le non-respect de deux fondements juridiques tirés du Code de l’Environnement. A savoir, l’absence de tri des déchets en salle et des biodéchets. En effet, depuis le 1er juillet 2016, le “décret 5 flux” exige un tri du papier, du métal, du plastique, du verre et du bois aux entreprises.

Bien évidemment, il ne faut pas se voiler la face, une sanction pénale s’annonce compliquée. Pourtant, la brand image (image de marque) est une dimension non-négligeable pour les entreprises. Êtres pointés du doigt pour son comportement irresponsable, autrement dit être au coeur d’un “bad buzz”, demeure la hantise des entreprises. Avec l’avènement des réseaux sociaux, l’information va plus vite et les appels au boycott également. Malgré le fait que les grandes entreprises sont très organisées pour faire face à ce type de crise, dénoncer des comportements irresponsables régulièrement incitent au fur à mesure les acteurs concernés à changer leurs pratiques afin de conserver leur bonne image.


Surfer sur la vague écolo pour institutionnaliser le développement durable

De nombreuses manifestations ont éclos partout dans le monde telles que le Friday For Future emmené par la désormais mondialement connue, Greta Thunberg . Un point commun à beaucoup de ces démonstrations publics est la jeunesse de ceux qui la constituent. Les nouvelles générations étant les plus concernés par les enjeux d’avenir. Des jeunes qui seront les consommateurs et les électeurs de demain. Une dimension primordiale aussi bien pour les politiques que pour les entreprises qui voient en eux la prochaine génération à convaincre. On pourra alors penser à de la banale récupération. Cependant, les nouvelles attentes pousseront les institutions et entreprises à adapter leurs offres aux nouvelles demandes. Il ne faut donc jamais négliger notre pouvoir d’agir maintenant pour façonner le monde de demain.