Avons nous réellement le pouvoir d’agir à notre échelle pour l’environnement ?

2 degré de plus (GIEC), disparition totale de la banquise et 250 millions de réfugiés climatiques prévus d’ici 2050 (ONU), multiplication des catastrophes naturelles qui ont déjà augmenté de 40% depuis 2000… Le réchauffement climatique s’avère être le grand défi du 21ème siècle. Cependant face au manque de mesures concrètes à l’échelle internationale, les éco-citoyens peuvent se sentir délaissé et douter de leur capacité à faire changer les choses. Découvrez pourquoi, plus que jamais, nous devons nous impliquer individuellement pour l’environnement.

Incivil, irresponsable, irrespectueux, inconscient… Les termes pour définir un pollueur ne manquent pas. Les citoyens et citoyennes sont les premiers visés par ces adjectifs dévalorisants. Quid des plus grands pollueurs que sont les industriels ? Alors que les mesures collectives des plus gros pollueurs se font souvent attendre, les citoyens sont régulièrement incriminés pour leur comportement au quotidien et sont poussés à agir à leur échelle. Mais nos efforts sont-ils vains ?


En finir avec la culpabilisation

 

Récemment, le média Brut partageait le point de vu très intéressant de Sebastien Bohler et son explication cognitive de notre comportement auto-destructeur. Le docteur en neurosciences évoquait le striatium, une zone cérébrale qui nous pousserait à détruire notre environnement. Le striatum nous envoie de la dopamine, la molécule qui nous fait ressentir le plaisir quand on réalise des objectifs basiques. Ces objectifs résultent de nos besoins primaires tels que manger, dormir ou encore le sentiment d’appartenance et de reconnaissance sociale. Aujourd’hui ces besoins sont de plus en plus facilement comblés « industriellement ».  Les réseaux sociaux par exemple sont un moyen rapide de se sentir appartenir à une communauté et de jauger sa popularité. Le problème ? Le striatum n’a pas de frein, il a un appétit illimité pour la “satisfaction”. Cela nous pousse à produire toujours plus, peu importe si cette course à l’innovation s’avère destructrice pour notre planète.

L’extinction de l’espèce humaine est-elle une fatalité ?

 


Pourtant il existe des pistes pour contrer ce cercle vicieux et le rendre vertueux. La solution ? Changer  les moeurs. En d’autres termes, cela consiste à valoriser d’autres caractéristiques et changer notre perception quant aux facteurs que l’on qualifie de qualité et à partir desquels on évalue la “réussite”d’un individu. Par exemple, une des normes la plus partagée est la popularité d’une personne. Une dimension quantifiable par le nombre de connaissances et surtout le prestige de ces dernières. Le nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux est également un moyen quantitatif d’être perçu comme populaire. Une autre norme corrélée à la réussite dans nos sociétés est l’argent ou plutôt la matérialité : plus on possède de biens, plus on est perçu comme quelqu’un qui a réussi par autrui.

 

“Si la norme sociale valorise la sobriété, l’altruisme, le partage,  le striatum nous donnera alors du plaisir quand on incorporera ces valeurs à nos habitudes. Mais pour que cela devienne une norme sociale, il faut que les individus qui incarnent le plus ces valeurs soient considérés comme les leaders de nos sociétés”– Sebastien Bohler

 

Faire évoluer les moeurs, une tâche compliquée et longue mais loin d’être impossible. La plasticité prouvée du striatum, c’est à dire, sa faculté à s’adapter à de nouveaux messages qu’il percevra comme bénéfique pour nous, alimente encore plus l’espoir d’un changement de nos systèmes de valeurs. Récemment, on observe une tendance et un attrait grandissant pour les pratiques éco-responsables. Multiplication des labels bio, initiatives des collectivités pour le tri sélectif et le recyclage, … « Une tendance de fond », selon Maxime André, de la Fondation pour la Nature et l’Homme et peut-être les prémisses de ce changement. 

 

 

Selon Sebastien Bohler,  le don est, à l’inverse de l’accumulation de biens, une source de plaisir illimité.“Le plaisir que l’on a à donner, c’est le seul plaisir qui ne s’émousse pas, qui ne diminue au fur et à mesure qu’on le répète. Un changement de notre système de valeurs serait donc profitable à notre environnement mais également à notre propre conscience.

 

Nous restons les premiers acteurs de la lutte contre le changement climatique

 

De toute façon il est trop tard, je pourrai rien changer tout seul”. La vision pessimiste et décourageante que l’on se pose en tant qu’éco-citoyen est parfaitement compréhensible. Cependant, il faut rejeter l’idée selon laquelle l’action individuelle n’a aucune utilité. Aussi isolée soit-elle, il est rassurant de prendre de la hauteur pendant les moments de doute.

 

« Les éco-gestes individuels sont les premiers pas à entreprendre pour rejoindre un mouvement collectif, celui des citoyens engagés pour l’environnement – Julien Vidal

 

Julien Vidal, auteur de Ça commence par moi, a pris le paris d’adopter 365 éco-gestes pendant un an afin de démontrer l’étendue de notre pouvoir individuel pour changer le monde. Optimiste quant à une possible prise de conscience collective, Julien Vidal estime que même si nos actions peuvent sembler isolées voir futiles, il faut avoir conscience du mouvement collectif auquel on appartient à l’échelle mondiale.

 

Pouvant être perçu à tort comme un moralisateur, Julien Vidal nous pousse à réfléchir sur notre comportement, nos actions et leurs impacts sur la planète. Sa doctrine “Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde”  illustre sa pensée selon laquelle nous sommes des consomm’acteur. C’est à nous de faire des choix cohérents avec le futur que nous désirons. Réfléchir à nos actes d’achats, les mettre en perspective avec les conséquences de leur production et à qui les bénéfices vont, cela peut sembler rébarbatif et trop contraignant. Mais les conséquences positives sont déjà visibles.


De plus en plus, les consommateurs sont avertis des conséquences de leurs choix et la portée de ces derniers pour les grands groupes et multinationales. Carrefour qui décide d’abandonner les emballages plastiques pour ses produits, EDF qui  propose e.quilibre, un outil gratuit pour maîtriser sa consommation d’énergie, H&M qui incite ses clients à rapporter leurs vêtements dont ils ne veulent plus afin de les recycler… Les marques ont dû s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs. Plus de transparence et de traçabilité des produits, plus d’engagement en faveur de l’environnement, peu importe la marque, elle dépendra toujours de ses clients. A nous de soutenir les marques et initiatives qui défendent une pensée commune à la nôtre, non pas tournée vers le toujours plus mais vers le toujours mieux.