50% de notre empreinte carbone. Voilà ce que pèse notre alimentation dans la balance carbone. A minima, pour les mangeurs éco-responsables, ce taux tombe à 20% selon l’ADEME.  Bientôt une alimentation pour un corps sain dans un environnement sain ?

 

 

Ces dernière années, on observe que les consommateurs se posent davantage de questions ce qui se retrouvent dans leurs assiettes. Hormis la qualité des aliments sur le plan nutritif qui est questionnée, les méthodes d’élevages et de productions sont également passées au crible. Vidéos infiltrées d’abattoirs et autres opérations coup de poing relayées sur les réseaux ont impacté la confiance des consommateurs. Mais plus encore que la condition animale, le respect de la biodiversité passe par un contrôle des moyens utilisés lors du processus de production. Logique donc que des récents débats sur l’usage de pesticide comme le Glyphosate ait éclaboussé la toile. La quantité ne prévaut plus sur la qualité. Le consommateur semble de plus en plus enclin à dépenser voir consommer moins mais mieux.

 

1. L’alimentation nourrit désormais la lutte contre l’environnement

 

a) Faire évoluer son menu…


Adoptez un régime plus végétal. Plus votre régime sera végétal, mieux ce sera.


WWF France

 


L’organisme internationale est clair, la préservation de notre habitat naturel passera par une évolution de nos menus. Lors de la Journée Mondiale de la Biodiversité, un recours accru et plus régulier aux végétaux plutôt qu’à la viande fût la première préconisation de WWF France.


Moins de viande et lorsque l’on en consomme, privilégiez de la viande issue de l’agriculture biologique

 

WWF France

 

WWF France insiste sur le fait de tester les alternatives végétales à la viande. Plusieurs sources de pollution étant exclusives à la production de viande telles que le traitement des déjections des animaux et les émissions de méthane. Mais, une des conséquences trop peu mis en avant quant à la pollution liée à l’industrie de la viande est la déforestation. En effet, nourrir les animaux nécessite notamment un abattage important de ressources forestières pour leurs alimentations en particulier. Malheureusement, beaucoup de consommateurs font l’erreur de chercher un substitut à la viande et non une alternative. En d’autres termes, cela signifie chercher en quelque sorte un steak “synthétique” qui imite le goût de la viande. Alors qu’évidemment, l’illusion ne pourra jamais être parfaite et pourrait ne durer qu’un temps. Il faut donc voir les végétaux comme apportant de nouvelles saveurs et permettent de diversifier son alimentation. Cette dimension étant profitable autant à notre corps qu’à notre planète.

 

2) … pour compenser les nouvelles pratiques alimentaires


La production d’1 kg de viande émet de 5 à 10 fois plus de gaz à effet de serre que celle d’1 kg de céréales


ADEME, Mieux manger, moins gaspiller, moins polluer, Juin 2016


En France, on ne plaisante pas avec les repas. Instituée dans notre culture, les trois repas journaliers sont irremplaçables. Enfin, il l’était encore il y a quelques décennies. Aujourd’hui, notre mode de consommation a changé. La recherche d’un gain de temps a fait les affaires des plats préparés. Résultat : une alimentation plus salée, sucrée et grasse. Ainsi, toujours selon l’ADEME, entre le début des années 50 et le milieu des années 90, nos repas sont en moyenne 30% plus sucrés, deux fois plus gras et notre consommation de viande a augmenté de 106% !
Outre l’impact négatif sur notre santé, ce changement de comportement et d’attente vis-à-vis de notre pause dèj augmente notre besoin en ressources naturelles et donc notre bilan carbone par la même occasion.


Lueur d’espoir, le bio gagne aussi nos paniers et nos cadis de course ! Entre 2017 et 2018, le marché du bio a connu une croissance de 15,7%. Aujourd’hui, les produits bio occupent en moyenne 5% de notre frigo.

 


C) Attention, bio ne rime pas forcément avec écolo

 


Une étude de l’Agence Bio révèle que 70 % des Français déclarent manger régulièrement bio. Choisir un aliment certifié bio est une démarche tout à fait honorable. Cependant, il ne faut pas céder à l’illusion projetée par les certifications et lables pour penser que ses courses sont parfaitement éco-responsables.
D’un point de vue environnemental, une pomme classique issue d’une production locale prévaudra toujours sur un aliment bio importé.
Les AMAP, associations qui mettent en relation direct le producteur et le consommateur sont des iniatives qui favorisent l’agriculture paysanne, souvent biologique et les circuits de distributions courts, profitables à la planète.

 


D) Respecter la saisonnalité


Les progrès dans les transports ont permis d’avoir à peu près n’importe quel aliment à n’importe quel moment de l’année. Un luxe qui pèse sur l’environnement. Effectivement, le trajet d’un aliment avant d’arriver dans nos rayons de supermarché détermine énormément son impact carbone. De plus, consommer un fruit ou un légume hors saison accroît logiquement la probabilité qu’il soit recouvert de pesticides.



 

2. Les indicateurs et applications, nouveaux alliés des consommateurs


Vouloir manger mieux et de manière plus responsable c’est bien, mais mêler les actes à la parole n’est pas si simple. Combien de consommateurs se retrouvent perdus devant une étiquette d’un produit qui indique qu’il contient des E450, des E316.. et tous autres types d’additifs ?



a) Le Nutriscore

 


Le Nutriscore est une note attribuée à un produit et qui se base sur les nutriments de l’aliment en question. Il découle de la loi de Santé a été promulgué en 2016 en France qui aide les consommateurs à y voir plus claire au milieu du large choix de produits. Sa teneur en nutriments bons pour la santé (fibres, protéines, …) et en nutriments déconseillés (acides gras saturés, sucres, …) distinguent ainsi les bons et mauvais élèves de nos rayons.


b) Yuka


 

Téléchargée plus de 6 millions de fois depuis sa création en 2017, l’application Yuka est devenu un outil indispensable lorsque l’on fait ses courses. Offrant une version digitalisée et plus détaillée du Nutriscore, Yuka est devenu un véritable nutrioniste de poche. Cependant, tout comme le Nutriscore, Yuka est sujette aux critiques sur la pertinence de ses jugements. Pas assez précis, illogique, … Yuka n’est pas parfait mais est encore jeune et permet déjà de sensibiliser et d’aider de nombreux consommateurs au “bien manger”.

 

c) ScanUp

 


A première vu, ScanUp semble être l’application jumelle de Yuka. Cependant, pour établir son diagnostic, ScanUp prend en compte le score Siga. Ce dernier s’intéresse au degré de transformation d’un produit. Les aliments non transformés sont ceux qui sont quasiment consommables dès la récolte : les légumes, les fruits, les oeufs.. Au contraire, les aliments les plus transformés sont ceux qui nécessitent obligatoirement une action de l’homme. Par exemple, au premier degré de transformation on retrouve le broyage, le raffinage, le concassage qui rendent un aliment naturel propre à la consommation ou à l’utilisation en cuisine. Plus cette action sera importante, plus un aliment sera classé comme transformé. Mais contrairement aux idées reçues, les aliments transformés ou ultra-transformés ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Hormis les évidents et classiques de la mal-bouffe que sont les pizzas et les chips, de nombreux produits appartient à la catégorie des Aliments Ultra-Transformés. 80% de l’offre des supermarché, dont les rayons dits diététiques ou bio, est composée d’AUT.

 


Notre recommandation : privilégier le degré de transformation qui est l’indicateur le plus important pour évaluer la qualité d’un produit. Le Nutri-score est un indicateur complémentaire mais il ne faut pas oublier que l’équilibre nutritionnel repose d’abord sur une alimentation variée. Et il n’est pas interdit de se faire plaisir.


Citation issue de ScanUp.fr

 

3. Adoptez un comportement responsable en sortant de table

 

Le gaspillage alimentaire est souvent un grand oublié des acteurs de la pollution mondiale. C’est pourquoi l’ADEME a décidé de réagir et d’évaluer les conséquences environnementales des aliments qui finissent à la poubelle. En  France, 10 millions de tonnes d’aliments sont gaspillés chaque année. Cela équivaut à 150kg par français. Un gaspillage contre lequel nous pouvons agir sans attendre d’amélioration de la chaîne de production. En effet, 33% des 150kg de gâchis annuel est lié ce que nous laissons après un repas ou ce que nous jetons à la maison. Cela revient à 29 kg d’aliments jetés par français !

 

 

Face à ce fléau, des initiatives ont vu le jour. La plus connue d’entre elle est Too Good to Go. L’application permet à ses utilisateurs de récupérer les invendus des restaurants à bas coût en les alertant de la possibilité d’aller chercher son ‘panier surprise’. Un geste bénéfique pour son porte-monnaie mais également pour la planète.

 

Des pratiques anti-gaspillahes qui s’institutionnalisent


 

Le message est clair tant il semble logique. Pourtant, aucune loi aussi forte contre le gaspillage alimentaire n’existait pour l’heure. Deux à quatres ans. C’est le temps qu’il faudra attendre pour voir la loi prendre forme. Elle succèdera à celle du 27 mai 2018 qui obligent les restaurateurs à offrir des “doggy bas” aux clients qui ne finissent pas leurs plats et souhaitent s’en aller avec.

 

Combattre le plastique, grand ennemi de nos courses

 

70 % du marché de l’emballage en France concerne l’alimentation et 85 % des emballages jetés par les ménages sont des emballages alimentaires. Pour faire diminuer ces chiffres, il convient de privilégier les produits en vrac et les contenants réutilisables. C’est dans cette optique que la consigne a fait son grand retour. Les entreprises proposant ce service se sont multipliées. Loop, lancée récemment en France propose même un service de consigne à domicile.


De plus, il est important de faire ses courses avec des sacs réutilisables en attendant que les sacs plastiques à usage unique disparaissent complètement des grandes surfaces. Mais attention au tote bag dont l’utilisation n’est pas toujours un éco-geste…



Enfin, il faut savoir casser les préjugés sur la supposé moins bonne conservation d’un produit hors plastique. Un produit abîmé, comme un fruit ou un légume, n’en saura pas moins bon. Mais l’exemple le plus parlant reste la bouteille d’eau. En France, nous avons la chance d’avoir une eau du robinet de qualité même en ville. Une étude récente démontre même que les buveurs d’eau du robinet ingèrent 22 fois moins de plastiques que ceux qui privilégient le goulot. Sans oublier le recours à une gourde en inox, des couverts réutilisatbles, des tasses en verres qui atténuent nos besoins en plastique.




Être un mangeur écolo ne vous laissera pas sur votre faim

 

 


Il ne faut pas penser que la lecture de l’alimentation via prisme de l’écologie a une incidence très contraignante sur notre “plaisir de manger”. Il faut simplement chercher à adopter une consommation plus responsable et respectueuse des enjeux environnementaux.