La mode écolo, seule tendance qui traverse les saisons


La plus grande élégance, c’est la vérité

Thierry Mugler

 

Vous êtes-vous déjà imaginé le chemin parcouru par vos vêtements, de leur production à votre dressing ?


Face à la récurrence des étiquettes “Made in China”, “Made in Taïwan”, “Made in India”… les consommateurs ne se posent plus nécessairement la question. En effet, le recours à des usines de production à bas coût est une pratique qui s’étend des marques dites low-cost à certaines des plus grandes maisons de luxe. De plus, nous sommes entrés dans l’air du fast-fashion, où la quantité prévaut trop souvent sur la qualité. Une tendance inquiétante quand on sait que l’industrie de la mode est la plus polluante après celle du pétrole.

Alors comment trouver son bonheur tout en faisant du bien à la planète ?

Derrière les strass et les paillettes, l’empreinte carbone de la mode ne cesse de s’accroître

 

Le monde du textile prend la 3ème place du podium des plus grands consommateurs d’eau. Selon l’ADEME, 4% de l’eau potable mondiale est destinée à la production des vêtements. Une production qui n’en finit plus de s’accroître pour répondre à une demande toujours plus grande. En effet, selon l’agence de l’environnement, une personne achète, aujourd’hui, en moyenne 60% de vêtements de plus qu’il y a 15 ans. Ainsi, plus de 100 milliards de vêtements sont vendus dans le monde chaque année.

Une demande accrue qui est inquiétante lorsque l’on sait que les textiles les plus utilisés comme le polyester sont des ressources non-renouvelables. Qui plus est, ces matériaux sont de grands pourvoyeurs de microfibres plastiques lorsqu’ils passent à la machine et qui finissent le plus souvent dans les océans. Une pollution maritime à hauteur de 500 000 tonnes de plastique par an, équivalente à plus de 50 milliards de bouteilles plastiques ! Outre la pollution des océans que des acteurs tentent par tous les moyens d’éradiquer, la sur-consommation de vêtements a d’autres effets néfastes.

En effet, le phénomène de la fast-fashion est malheureusement encore loin d’être compensé par le recyclage. Seulement 1% des habits que nous portons sont recyclés tandis qu’en Europe 4 millions de tonnes de vêtements sont jetées à la poubelle chaque année.

L’information est la clef pour adopter un “style éco-responsable”


Pour répondre au manque de connaissances des consommateurs quant aux marques certifiées éco-responsable, des applications et plateforme comme Clear Fashion ont vu le jour. Développée par Rym Trabelsi et Marguerite Dorangeon, deux jeunes entrepreneuses françaises, Clear Fashion se positionne comme le Yuka de la mode. En d’autres termes, l’application permet d’évaluer l’impact humain et environnemental de nos vêtements. Et pour ce faire, 3 options s’offrent à nous :

– Prendre en photo le vêtement en question
– Remplir manuellement les informations concernant la composition du vêtement
– Rechercher directement des informations sur une marque en particulier


 

Certes, l’application est encore en développement et n’est pas encore disponible sur les plateformes de téléchargement. Mais elle offre déjà des premiers éléments de réponse pour percer l’opacité et le manque de transparence de certaines marques.

A moindre mesure, des sites comme Vinted ou Videdressing, sans oublier les friperies qui ont su surfer sur la tendance du vintage, permettent de limiter le gaspillage vestimentaire tout en offrant des économies aux consommateurs qui récupèrent des vêtements de seconde main. Cependant, les bienfaits de ce marché restent toujours discutables. Est-ce vraiment un moyen de recycler les vêtements ou à l’inverse, une incitation supplémentaire au fast-fashion ?

Pour éviter ce débat, certaines marques sont prêtes à innover, quittent à paraitre quelque peu déroutante au premier abord. C’est le cas de Carling, qui propose des vêtements… imaginaires ! L’idée a de quoi surprendre. Mais elle est en réalité parfaitement adapté à la demande des instagrameur. Ces mannequins 2.0, qui portent quelquefois leur “outfit” une seule fois. La marque scandinave leur offre donc la possibilité de s’habiller avec des vêtements virtuels le temps d’un shooting. On vous laisse admirer certaines de leurs pièces (très futuristes si l’on peut dire) ci-dessous dont les bénéfices de la vente sont reversés à l’association WaterAid qui oeuvre pour l’assainissement des eaux :





Quand la mode écolo investit les catalogues

 

Notre pouvoir, en tant que consommateurs, c’est de faire de chaque achat un acte de vote pour le futur nous souhaitons.



Issue du site Clear fashion

 

Auparavant réservée aux rayons de marques spécialisées, la mode écolo gagne du terrain. Elle s’immisce aujourd’hui dans l’esprit de nombreux créateurs dont nous allons vous faire part de quelques créations dans cette partie finale.


Adidas, la mythique marque de sportswear allemande a entamé un grand virage écologique


La Futurecraft Loop disponible en 2021


Véritable prouesse technologique, la paire est 100 % recyclable. C’est-à-dire sans colle ni autres matériaux non-renouvelables. Par ailleurs, la marque aux trois bandes a annoncé n’avoir recours qu’à du plastique recyclé pour tous ses produits d’ici 2024. Pour ce faire, Adidas sait s’entourer d’acteurs engagés comme Parley for The Ocean qui lutte pour la dépollution des océans.

Parley for the Ocean n’est d’ailleurs pas à son premier coup d’essai comme le démontre sa collaboration avec Stella McCartney. La styliste anglaise, fille de Paul, a ainsi développé un sac à dos en plastique recyclé. Petit bonus, la totalité des bénéfices a été reversée en 2017 à l’association Sea Sheperd, dont le logo figurait à l’arrière du sac.


Dr Martens revoie ses classiques pour les rendre plus éco-responsables

 

 

Si vous connaissez les modèles iconiques de la marque, vous n’avez sûrement pas remarqué de différence. Et pourtant, ces modèles sont 100 végan ! Une occasion de faire du bien à la planète avec style. Vous pouvez d’ailleurs retrouver la large gamme consacrée à cette catégorie ici.


The North Face et le recyclage, une histoire d’amour qui dure


Spécialisé dans les vêtements de montagne, The North Face a pour slogan “Never Stop Exploring” (Ne vous arrêtez jamais d’explorer). Un message qui relie ses consommateurs à leur environnement. Plutôt logique, mais tout aussi bienvenu, de voir la marque s’engager pour la préservation de l’environnement.




Le sac en tentes recyclées The North Face


Outre ce sac, The North Face a provoqué l’engouement en incitant ses clients à rapporter en boutique leurs vêtements de montagne (quelque soit la marque) contre des bons d’achats. Baptisée Clothes the Loop, l’opération s’est tenue à Paris le 22 et 23 mars dernier et devrait, on l’espère, revenir pour de nouvelles éditions prochainement.


La mode écolo, une tendance encore minoritaire, mais qui pourrait devenir la norme


La mode, le style et l’environnement peuvent donc bel et bien s’accorder. D’autant plus, que les consommateurs sont de plus en plus des consom’acteurs même s’ils peuvent parfois l’oublier. Besoin de transparence, quête de sens.. Voilà des attentes qui s’imposent peu à peu, chez les consommateurs et auxquelles la mode ne pourra pas échapper. On dit souvent que la mode est une affaire de mimétisme social et d’influence interposée. Alors pourquoi la fashion sphère ne serait pas capable de souffler un vent d’inspiration éco-responsable ?