La pollution plastique des océans est une menace commune. Chacun est ou sera touché à son échelle par ce fléau. Dès aujourd’hui, il est important d’agir en faveur de comportements plus responsables afin d’assurer la pérennité de notre patrimoine maritime. Récit d’initiatives inspirantes qui permettent d’entrevoir un futur éclaircit pour notre planète.

Levé de soleil sur la plage

 

La mission avait de quoi faire rêver les plus grands aventuriers : plonger dans Le Grand Trou Bleu surnommé “l’oeil des Caraïbes”, un fossé sous-marin de 124 mètres de profondeur et de plus de 300 mètres de diamètres situé au large de Belize. Un pays d’Amérique Centrale comptant moins de 400 000 habitants qui attire de plus en plus de touristes curieux de découvrir ses paysages paradisiaques. Notamment de superbes vestiges de la toujours plus intrigante civilisation maya ou encore la richesse de sa vie maritime incarnée par son impressionnante barrière de corail, longue de 380 km qui fait d’elle la deuxième plus grande du monde. Mais malheureusement, l’équipe d’explorateurs n’a pas trouvé le trésor qu’elle cherchait…

 

Tortue de mer s’aventurant dans les profondeurs de la Mer des Caraïbes

Tortue de mer s’aventurant dans les profondeurs de la Mer des Caraïbes

 

Une découverte inquiétante

Nous allions au fond de la plus grande fosse du monde, une légende inexplorée des profondeurs, pleine de mystères mayas et de mythes sur les monstres et les merveilles” tels étaient les mots de Richard Branson encore plein d’enthousiasme avant de plonger, le 2 décembre 2018, en compagnie de chercheurs et de scientifiques. Néanmoins, après être remonté à la surface le milliardaire britannique a raconté avec déception “Malheureusement, nous avons pu voir des bouteilles en plastique au fond du trou” avant de conclure la voix pleine d’amertume. “Eh bien, les seuls monstres auxquels l’océan fait face sont le changement climatique et le plastique”.

Des océans au bord de l’agonie

Chaque seconde, 10 tonnes de plastique sont produites dans le monde. Seulement 9% de ce plastique sera recyclé selon l’ONU. Encore plus alarmant : 300 kilos sont déversés chaque seconde dans l’Océan, alimentant une décharge flottante de près de 80 000 tonnes qui forme une surface équivalente à trois fois la taille de la France…

 

Cours d'eau victime de la pollution plastique

  Conséquences de la pollution plastique

 

La mauvaise habitude qui consiste à dissimuler les déchets ou plutôt les éloigner de notre champ de vision atténue les chances d’une prise de conscience collective. Les “îles poubelles” ont atteint des proportions dramatiques qui rendent les populations et écosystèmes voisins à la merci de ces amas de déchets en cas de catastrophe naturelle. Le tsunami de 2004 au large de l’Océan Indien a provoqué, au-delà des pertes humaines, un véritable  “écocide” en dispersant les décharges à ciel ouvert situées dans les environs. La tristement célèbre “île poubelle” de Thilafushi dans les Maldives a, par exemple, à elle seule polluait 170 îles et îlots à proximité à la suite de la catastrophe.

 

Selon une étude menée en janvier 2016 par le Forum économique mondial et la fondation Ellen McArthur, il y aura plus de plastique dans l’océan que de poissons en 2050

 

De plus, l’ONU estime que le blocage des cours d’eau par les sacs plastiques augmente le risque de catastrophes naturelles. Un véritable cercle vicieux qui fait du déversement des déchets dans l’Océan une bombe à retardement pour notre écosystème et les populations environnantes déjà sujettes à la contraction de maladies comme le paludisme à la suite du blocage des égouts par les déchets.

 

Les raisons d’espérer

 

trois enfants s'amusant au bord de l'eau

 

Face à au fléau de la pollution plastique qui nous concerne tous, certains acteurs ont décidé de réagir. C’est le cas de Boyan Slat, et de son projet The Ocean Cleanup. Le néerlandais de 24 ans s’est donné pour mission de débarrasser les océans de ses détritus à l’aide d’une immense barrière flottante ultra-résistante qui ratisse la surface et regroupe tous les déchets sur son passages jusqu’à trois mètres de profondeur. Une initiative ambitieuse qui a séduit nombre d’investisseurs, permettant une levée de fond de près de 22 millions de dollars en 2017. Malheureusement, quatre mois après sa mise à l’eau en septembre 2018 le dispositif a dû être rapatrié suite à la rupture d’une parcelle de 18 mètres provenant de la barrière. Cependant, Boyan Slat n’en démord pas et espère toujours une prise de conscience quant à l’urgence de la pollution maritime.

La pollution plastique des océans n’est pas une fatalité

 

Homme de dos qui contemple un lac

 

D’autres projets de la sorte ont vu le jour, comme celui de la fondation Race for Water. Marco Simoni, entrepreneur suisse, fondateur de Race for Water et véritable passionné par la mer, a réalisé un premier tour du monde en 2015. Une expédition qui lui a permis de dresser un constat alarmiste sur la pollution plastique maritime et de préparer au mieux la phase numéro de son projet. Ainsi, l’équipage de Race to Water a une nouvelle fois embarqué pour un voyage autour du globe à bord d’un trimaran écologique qui vogue sous l’impulsion de l’énergie du vent, du soleil et des courants marins.

Véritable prouesse technologique, le navire est constitué de 512  carré de panneaux solaires et d’un kit de traction qui fonctionne comme une voile 2.0 puisqu’elle dispose d’un système dynamique qui s’adapte aux vents et récupère plus efficacement l’énergie éolienne. Une véritable croisade contre le plastique qui a débuté le 9 avril 2017 à Lorient et qui devrait s’achever en 2021. L’équipage a définit plusieurs buts à son odyssée : d’une part, prouver que des alternatives moins polluantes existent pour le trafic maritime en proposant des solutions innovantes et de l’autre sensibiliser le grand public et éduquer les jeunes populations rencontrées lors du voyage quant aux enjeux de la pollution plastique. Actuellement en Nouvelle Calédonie, vous pouvez suivre en direct le périple et soutenir le projet en vous rendant sur le site de Race for Water.

Ces différentes initiatives sont autant de raisons de croire en un avenir radieux pour notre planète bleue. Il demeure important de soutenir les projets ambitieux qui s’attaquent courageusement à des menaces qui nous concernent tous.