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Fox’Actus : Ecomail, la boîte mail française qui vous offre la possibilité de compenser votre empreinte carbone

5,6 milliards. C’est le nombre de boîtes mails que l’on pourra compter d’ici fin 2019. Nous pouvons tous agir contre la pollution numérique liée aux mails en nettoyant régulièrement ses mails et newsletters obsolètes avec Cleanfox. Mais les boîtes mails sont également un levier intéressant à activer pour compenser son empreinte carbone dûe à notre activité sur le net. Comment ? En optant pour une messagerie éco-responsable telle qu’Ecomail par exemple. Nous avons donc rencontré le son fondateur, Nathan Herbert, pour qu’il nous explique comment le choix de sa boîte mail peut être un éco-geste impactant.

Bonjour Nathan, expliquez-nous, s’il vous plaît, ce qu’est Ecomail et en quoi votre démarche est-elle singulière et se démarque des autres services de messagerie ?

Ecomail est un projet que moi et ma femme, Clio, menons depuis 3 ans qui vise à proposer une boite e-mail ayant une action environnementale positive. Nous cherchons à mettre l’informatique au service de l’écologie. Je m’explique.
Nos e-mails polluent énormément. Le stockage, le transit sur le réseau, les pièces jointes.. Tout ceci génère une pollution considérable que vous avez d’ailleurs quantifié très justement. Lorsque j’ai créé Ecomail, je me suis donc demandé comment faire pour mettre un outil très polluant, l’informatique, au service de notre environnement. Ainsi est né Ecomail. Une boite e-mail tout à fait classique, hébergée en France, qui respecte la vie privée des utilisateurs et qui reverse 50% de ses recettes à des associations qui agissent au quotidien pour notre environnement et pour l’écologie plus globalement. En plus de cet aspect financier, nous cherchons également à sensibiliser nos utilisateurs à la pollution générée par le numérique via l’interface webmail que nous avons personnalisée. Enfin, nous agissons en totale transparence. La comptabilité du service est affichée en temps réel sur l’interface des utilisateurs. Tout le monde peut ainsi s’assurer que nous reversons bien 50% des recettes à l’écologie.

De quelle manière les utilisateurs d’Ecomail participent-ils à des projets pour l’environnement ?

La boite e-mail Ecomail est proposée à 12€ TTC par an. Contrairement aux grands groupes, nous ne proposons pas de boite e-mail gratuite. En effet, la gratuité n’existe pas. Les grands groupes se payent en diffusant des publicités ciblées et parfois en lien avec le contenu de vos mails. Sur Ecomail, nous n’analysons pas le contenu du mail à des fins publicitaires. Sur les 12€ TTC par an d’abonnement, 2€ sont versés à la TVA, 5€ sont utilisés pour réaliser des dons à des associations qui agissent pour notre environnement . Nous avons à ce jour réalisé 4178 euros de dons, un prochain don de 500 euros arrivera bientôt. Les 5€ restant servent au fonctionnement du service (serveurs, antispam, sauvegardes, licences, comptabilité..etc). Tout le monde utilise une boite e-mail, en choisissant Ecomail vous participez à hauteur de 5€ par an au financement d’associations qui vont dans le bon sens ! Plus nous sommes d’utilisateurs à utiliser Ecomail, plus nous réalisons des dons fréquents et importants !

Comment choisissez-vous les associations à qui vous reversez les recettes ?

Les associations sont sélectionnées de différentes façons :

  1. Avec Clio, nous choisissons 2 ou 3 associations et nous les proposons à la communauté pour un vote direct. Les utilisateurs peuvent voter directement depuis leur interface webmail.
  2. Des utilisateurs nous proposent des associations qui leur tiennent à coeur. Si nous ne connaissons pas l’association, nous nous renseignons pour être sûr de son action et si ça correspond à de l’action pour notre environnement, alors il arrive que nous l’ajoutions directement dans le programme de financement. Il se peut également que nous passions à nouveau par le vote pour valider le choix.
  3. Certaines associations nous contactent directement pour faire partie du programme de financement. Si tout est bon, là aussi cela peut passer par le vote ou l’ajout direct.
  4. Nous faisons parti du groupe 1% pour la planète. 1% propose une liste d’associations certifiées, de ce fait nous pouvons choisir une association directement dans cette liste. L’avantage de cette solution, c’est qu’1% est une organisation mondiale et que nous pouvons de ce fait choisir une association en dehors de la France. Nous avons beaucoup d’utilisateurs belges, il se peut fortement que la prochaine association soit une association qui agit en Belgique. L’écologie n’a pas de frontière !

Comment faîtes-vous pour engager votre communauté vers une utilisation plus responsable et durable d’internet ?

Il faut l’avouer, ce n’est pas simple ! Sur l’interface web d’Ecomail, le webmail, nous avons ajouté des petites notifications lorsque l’utilisateur stocke plus de 500 mails sur son compte. Nous l’invitons ainsi à faire le tri et à supprimer ses vieux mails pour avoir une utilisation de sa boîte e-mail plus éco-responsable. Nous affichons également des statistiques de sensibilisation sur la pollution générée par les mails et des statistiques sur l’utilisation de l’espace disque général du service Ecomail. En 2 ans, nous sommes passé de 10 Go à 250 Go ! Cela revient à 230 Mo (0.23 Go) par utilisateur, ce qui n’est pas énorme, mais je suis sûr que l’on peut mieux faire. Nous souhaitons inviter nos utilisateurs à trier plus régulièrement leurs mails, avec Cleanfox comme partenaire, pour diminuer cet espace disque et ne garder que l’essentiel sur les machines. Moins nous stockons, moins nous polluons !

Comment avez-connu la pollution des mails et celle engendrée par internet plus largement ?

En 2016, j’ai regardé en replay un reportage sur la pollution numérique proposé par Arte. Je travaille dans le secteur de l’hébergement web (serveurs, sites, infra) depuis 11 ans et je connais donc bien le fonctionnement d’un datacenter (centre de données). J’ai à plusieurs reprise du gérer des machines dans des centres de données. La climatisation va bon train et la ventilation aussi. Ce sont de véritables usines extrêmement énergivores. Le reportage m’a donc tout de suite parlé. Sensible à l’écologie depuis longtemps, je cherchais un moyen de concilier mon métier avec une activité qui agit pour l’environnement, ce reportage m’a permis d’avoir l’idée du projet Ecomail !

Que pensez-vous de la considération de la pollution numérique, en particulier des mails, en France ?

La prise de conscience est la, mais elle est encore insuffisante. Les utilisateurs d’Internet ne se rendent encore pas bien compte de la pollution que génère un ordinateur et Internet, c’est assez invisible. Comment imaginer qu’un simple mail avec une pièce jointe peut provoquer de la pollution ? Pour beaucoup, il ne s’agit que d’un texte et d’une image, rien de plus. En tant qu’hébergeur web il est facile de connaître les coulisses d’internet, mais très peu de monde en a connaissance. Il y a donc encore un très grand travail de sensibilisation à faire. Les gros groupes n’en font pas du tout. Ils proposent toujours plus d’espace disque pour stocker encore plus de données. Aucun gros fournisseur ne propose une boite mail avec une sensibilisation environnementale. Il serait bien que cela change afin de responsabiliser les utilisateurs et ainsi aider à lutter contre cette pollution invisible générée par le net.

Comment comptez-vous faire évoluer les mentalités et faire de vos utilisateurs des internautes écolo ?

Je n’ai pas la prétention de dire que je vais faire évoluer les mentalités de nos utilisateurs. Néanmoins, nous cherchons à les sensibiliser au maximum à la pollution qu’ils génèrent avec les mails. L’interface webmail évoluera dans les années à venir pour être remplie de petits conseils et compteurs de CO2. L’idée est de montrer en temps réel aux utilisateurs d’Ecomail ce qu’ils ont généré en équivalent CO2 à titre individuel, mais également de manière globale. Tout seul, 10 g pour un mail ça parait peu, mais multiplié par 1000 mails par jour, ça fait déjà 10 Kg CO2. Nous avons un gros travail de personnalisation de cette interface webmail, cela va demander du temps. C’est prévu surtout pour 2020, 2021.

Quelle est votre ambition à long terme ?

Notre principale force est de regrouper au sein d’Ecomail des utilisateurs du monde entier, principalement en France et Europe pour le moment, ayant une sensibilité écologique. Les utilisateurs qui sont prêts à payer 12€ par an sont ceux qui croient vraiment qu’il est nécessaire d’agir. Avec la communauté, nous allons continuer à financer des associations qui sont sur le terrain mais nous allons également monter un projet d’action. Ecomail est un financeur, il deviendra bientôt un acteur. Nous avons mis en place un « fond d’actions Ecomail » qui servira probablement à créer une association et à financer ses actions. La finalité du fond n’est pas encore décidée, elle le sera avec l’ensemble des utilisateurs via les vidéos Youtube et via des sondages. D’ici 5 à 7 ans, j’aimerai qu’Ecomail atteigne les 10.000 boites mails hébergées. Imaginez 50.000€ par an seraient ainsi réinjectés dans l’écologie ! Nous en sommes à 1060 boites, il reste encore 9 marches pour atteindre l’objectif !

La pollution numérique est une pollution qui ne va pas cesser de croître dans les prochaines années. Le défi environnemental qui nous attends est l’affaire de tous. Réduire et ou compenser son empreinte carbone liée au numérique est un comportement que nous allons devoir adopter rapidement. Heureusement, différentes innovations, applications ou astuces voient le jour pour nous aider à y arriver. Merci donc à Nathan et Clio pour leur initiative qui s’inscrit dans un mouvement “TechForGood” que d’autres acteurs français, comme Cleanfox, ont rejoint. Notamment Geev, BackMarket, EcoApp Média, Lilo, Potager City ou encore BackMarket.