SCD, ou comment consacrer son année de césure à un projet environnemental

Prendre de son temps pour aider les autres. S’engager pour des projets sociaux et environnementaux. Ces envies naissent de plus en plus tôt dans les esprits de nombreuses personnes. Rencontre avec Livia, Romain, Célia et Clément, 4 étudiants qui ont décidé de s’envoler pour le Pérou puis l’Equateur avec le projet SCD. Un voyage qu’ils ne sont pas prêts d’oublier…

Pouvez-vous faire une courte présentation de vous quatre s’il vous plaît ? Votre parcours respectif, comment vous vous-êtes rencontrés…


De gauche à droite : Célia, Romain, Livia, Clément

Nous sommes Livia, Romain, Célia et Clément, 4 étudiants de 22 ans de l’EDHEC Lille. Livia, Romain et Clément suivent le cursus « Business Management » tandis que Célia est en double diplôme «Business Law & Management ». Nous sommes tous les 4 en année de césure, entre notre Master 1 et notre Master 2.
Tandis que Célia et Livia se sont rencontrées à l’EDHEC après une prépa, Romain et Clément sont amis depuis le lycée, et ont intégré l’école un an après, via le concours AST 2. Nous nous sommes rencontrés tous les 4 l’année dernière, autour du projet SCD.

Comment est née cette initiative ?

Nous étions en décembre 2017, et nous pensions déjà tous les 4 à notre année de césure qui débutait en juillet 2018. Pendant cette année, prévue dans notre formation à l’EDHEC, nous devons nous « professionnaliser ». Alors que la plupart des étudiants décident de réaliser 2 stages de 6 mois en entreprise, nous avons décidé de consacrer 6 mois sur 12 au projet SCD.

Pourquoi le choix de s’envoler pour le Pérou et l’Equateur ?

L’accès aux énergies renouvelables et l’adaptation au changement climatique sont des thèmes clés pour les prochaines décennies en Amérique du Sud. Les institutions qui accordent des microcrédits, appelées « Institutions de MicroFinance » (IMF), travaillent dans les zones les plus isolées d’Amérique du Sud, notamment au Pérou et en Équateur. On trouve dans ces zones les populations les plus sensibles au risque climatique et les moins bien équipées face à ce risque. Les IMF jouent un rôle de distributeur de produits écoresponsables (panneaux solaires, cuisines améliorées, chauffe-eaux solaires, etc.) et financent l’adaptation de ces populations au changement climatique (les pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement par exemple). Tous ces enjeux nous passionnent, nous sommes donc entrés en contact avec des ONG et des entreprises sociales locales en leur disant « Nous serons pendant 6 mois dans votre pays, votre mission nous intéresse, comment peut-on travailler ensemble ? ».

A quoi ressemble votre quotidien au Pérou et en Equateur ?

Que cela soit au Pérou ou en Équateur, nos journées alternent entre le travail « classique » au bureau et les missions ponctuelles sur le terrain. En Équateur, nous avons par exemple passé la première partie de notre mission dans les bureaux à Loja avant de partir pendant 10 jours dans le Nord-Ouest de la région de Pinchincha et de revenir à Loja pour la fin de la mission. Nous profitons des weekend pour visiter d’autres villes et faire du tourisme. Nous avons ainsi pu visiter Quito, Cuenca et Montañita en Équateur et, Ayacucho, Mancora, Cusco et Paracas au Pérou. Nous passons également une partie de notre temps libre à alimenter nos réseaux sociaux et notre site internet.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué lors de votre voyage et pourquoi ?

L’un des moments les plus marquants de notre projet a été notre expérience sur le terrain, dans le cadre de notre deuxième mission, chez PowerMundo. Nous avons réalisé un projet de vente directe de lampe solaire dans la région de Loreto, au fin fond de l’Amazonie péruvienne. Dans cette zone, les populations vivent sans eau courante ni électricité, dans des conditions rudimentaires. Les échanges que nous avons eus et les paysages que nous avons pu observer resteront gravés dans nos mémoires. Pour en savoir plus, on vous invite à regarder notre vidéo récapitulative.

En quoi consistent vos 3 missions solidaires ?

Nos trois missions s’articulent autour d’une même problématique : l’accès aux énergies renouvelables et l’adaptation au changement climatique par le microcrédit. Nous avons accordé une grande importance à l’articulation de nos missions et à leur cohérence entre elles. Pour notre première mission, nous avons travaillé chez Fondesurco à Arequipa, un institut de microcrédit qui œuvre pour l’inclusion financière des entrepreneurs dans les régions les plus isolées du Pérou. Fondesurco est une IMF pionnière en termes de microcrédit et d’environnement : ils ont un microcrédit vert destiné à l’acquisition de technologies vertes pour aider les producteurs à s’adapter aux changements climatiques. Nous y avons mené un audit social et environnemental à la suite duquel nous avons proposé un plan d’action concret pour améliorer la performance sociale et environnementale de Fondesurco.

Nous avons ensuite travaillé pour Powermundo, une entreprise sociale basée à Lima et spécialisée dans la promotion, la vente et la distribution de produits solaires dans les régions les plus reculées du Pérou. Durant cette mission, nous nous sommes rendus directement au cœur de l’Amazonie pendant deux semaines pour vendre des lampes solaires à des communautés. Au total, nous y avons vendu 220 lampes solaires vendues et avons permis l’accès à 550 personnes à une source de lumière respectueuse de l’environnement et sans risque pour leur santé.

Pour notre dernière mission, nous sommes actuellement à Loja et travaillons chez FACES, un institut de microcrédit en Équateur. Nous y développons une ligne de « microcrédit vert » destinée au financement des producteurs ayant des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. C’est grâce à cette mission que notre projet global prend tout son sens : nous utilisons nos connaissances accumulées lors des deux précédentes missions pour créer un produit financier « vert ».

Qu’est-ce que le compensateur carbone ?

Lorsque nous étions encore en pleine préparation du projet SCD 2019, une question nous est rapidement venue à l’esprit. Comment peut-on prétendre avoir un impact positif sur l’environnement en partant en avion à l’autre bout du monde ? Un voyage en avion est en effet extrêmement polluant. Il nous apparaissait alors primordial de trouver un moyen de compenser nos émissions de carbone liées à nos trajets, et particulièrement celles des trajets en avion. Pour cela, nous nous sommes associés à Greentripper, un organisme qui offre la possibilité aux voyageurs de compenser les émissions de CO2 liées à leur voyage en réinvestissant une somme égale dans des projets environnementaux. Pour l’instant, Greentripper a compensé 10,97 tonnes de CO2 émises par nos déplacements et nous allons, bien évidemment, compenser nos émissions jusqu’à notre retour en France. Pour en savoir plus sur, vous pouvez lire notre article.

Avez-vous des conseils et astuces plus ou moins contraignants pour limiter ses émissions carbones ?

Pour réduire notre impact environnemental, nous avons décidé d’organiser une Semaine Verte. Pendant une semaine, nous proposons des conseils et astuces à appliquer dans la vie de tous les jours à nos followers (et que nous appliquons évidemment nous-mêmes). Nous avons commencé lundi par un thème environnemental majeur : l’alimentation durable.
Aujourd’hui, nous présentons un autre thème majeur : la pollution numérique. En effet, nous
travaillons beaucoup sur nos ordinateurs. Nous essayons au maximum de limiter les émissions de carbone liées à l’utilisation de nos outils numériques. Pour cela, nous utilisons tous Cleanfox pour nous désabonner des newsletters que nous n’utilisons pas et pour régulièrement trier notre boîte mail. Nous nous servons également d’un moteur de recherche « responsable », Ecogine, qui compense les émissions de gaz à effet de serre liées à nos recherches internet. La suite de la semaine sera consacrée à des conseils sur le tri des déchets, sur la mode durable ou encore sur la réduction du plastique. Nous dévoilerons des nouvelles astuces dans les prochains jours sur Instagram !

Pouvez-nous nous expliquer ce qu’est le microcrédit et comment il est un levier intéressant pour favoriser les énergies renouvelables ?

Le microcrédit consiste en l’attribution de prêts de faible montant à des entrepreneurs ou à des artisans qui ne peuvent pas accéder aux prêts bancaires classiques. Ces personnes sont exclues du système financier traditionnel pour deux raisons, l’absence de garanties financières et/ou l’isolement géographique. La microfinance « moderne » est apparue au milieu des années 1970 en Asie et en Amérique latine. Sa figure de proue, le Dr Muhammad Yunus a été récompensé du prix Nobel de la paix en 2006 pour la mise en place et le développement à grande échelle de ce système. Traditionnellement, les prêts étaient destinés au financement d’activités entrepreneuriales. Ces dernières années, face au réchauffement climatique mondial, les institutions de microfinance (IMF) les plus innovantes ont développé de nouveaux produits financiers, les « microcrédits verts ». Elles jouent ainsi un rôle de distributeur de produits écoresponsables (panneaux solaires, cuisines améliorées, chauffe-eau solaires, etc.) et financent l’adaptation de ces populations au changement climatique (les pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement par exemple). Ces produits sont particulièrement pertinents car ils s’adressent aux personnes les plus sensibles au risque climatique et les moins bien équipées face à ce risque.

Que pensez-vous de l’éco-tourisme ? Une action à court terme est-elle vraiment pertinente écologiquement compte tenu de l’empreinte carbone du voyage ?

L’éco-tourisme permet de voyager de manière plus responsable, il intègre une dimension éthique et écoresponsable très intéressante, qui répond à une demande croissante. Il offre une alternative durable aux consommateurs qui souhaitent limiter leur empreinte carbone quand ils voyagent.
Compenser les émissions de CO2 liées à un trajet en avion est un bon exemple d’action à court terme efficace pour réduire son empreinte carbone. Lorsque l’on voyage à l’étranger c’est souvent le trajet qui fait exploser notre empreinte carbone. Greentripper permet à tout un chacun de compenser ses émissions en finançant des projets pour le climat. Cela coûte en général moins de 5% du coût moyen du ticket d’avion et ça fait une vraie différence pour le climat !

Quels sont vos projets pour l’avenir, à votre retour en France notamment ?

Le projet SCD 2019 se termine dans deux semaines. Livia, Clément et Romain partent aux quatre coins du monde pour un échange universitaire dans le cadre de leur Master 2 tandis que Célia reste en France pour terminer son double diplôme. Cette aventure nous a donné envie de travailler encore plus en profondeur autour des problématiques que nous avons abordées pendant 6 mois. Peut-être poursuivrons nous dans cette voie lors de notre stage de fin d’études ou pour notre premier CDI.

Nous comptons maintenant sur l’équipe SCD 2020 pour prendre le relai !

Un grand merci à toute l’équipe SCD pour nous avoir fait découvrir leur initiative et pour leurs engagements écologiques et sociaux très inspirants !
N’hésitez pas à les suivre sur les réseaux pour découvrir leurs suggestions d’éco-gestes et suivre leurs aventures : Instagram, Facebook, Site officiel.

Si vous faîtes partie d’une initiative favorable à l’environnement et que vous aimeriez partagez votre projet, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse suivante : contact@cleanfox.io