Les Green Data Centers, indispensables pour un numérique durable

 

Internet est qualifié de monde virtuel. Pourtant, il est bel et bien physique et réel comme peuvent en témoigner les éléments matériels sur lequel il repose. Ordinateurs, téléphones, box internet sont les premiers éléments qui viennent à l’esprit quand on cherche à matérialiser internet Un des grand oublié et non des moindres est le data center. Un data center est un centre de stockage et de traitement des données informatiques. Fortement demandés mais très énergivores, les data centers vont devoir se mettre au vert. Bonne nouvelle, plusieurs grands acteurs du numériques ont décidé de s’atteler à la tâche…

 

 

La pollution liée aux data centers, un fléau grandissant

On compte 180 “centres de données” en France et plus de 4081 situés dans 118 pays. Un nombre qui va augmenter de 9% par an d’ici 2020. Et pour cause, ils sont le coeur du stockage des données internet. Mails, tweet, post facebook, images partagés et toutes autres éléments circulants sur les réseaux et serveurs internets constituent ces données. Avec l’avènement du “Cloud”, les data centers n’ont jamais été autant plébiscités.

En France, 8% de la consommation d’électricité est imputable aux data centers. En 2016, les data centers du monde entier ont consommé 416 TWH (térawatt-heure d’électricité). A titre de comparaison, la France a consommé au total 473 TWH sur la même période. Dès leur fabrication, ils nécessitent des métaux rares puis, ils ont, ensuite, besoin d’un système de refroidissement important sans oublier une alimentation en électricité intense et continue. Indispensables, les data centers n’en demeurent pas moins polluants, et si nous n’agissons pas dès aujourd’hui, ils pourraient bien devenir des pollueurs inarrêtables.

En route vers des data centers écolo

hebergementsweb.fr

 

L’environnement est une préoccupation commune, grandissante et surtout urgente. Les grandes entreprises qui ont le plus besoin et auront encore plus besoin des data centers se doivent donc de réagir au plus vite. Heureusement, plusieurs d’entre elles ont décidé de prendre un virage environnemental indispensable :

 

Google et Apple

Les deux mastodontes qui forment la moitié de la famille des GAFA font parties des pionniers des green data centers. La motivation est ici double, entre économie face à l’augmentation du prix de l’électricité et besoin de répondre aux attentes écologiques. Comment font-ils ? En installant leurs propres data centers dans des pays nordiques ! En effet, les basses températures permettent un usage réduit des systèmes de climatisations, le besoin de refroidissement étant le facteur le plus polluant des data centers. Pour atténuer la facture électrique, les data centers sont aussi placés stratégiquement près des centrales électriques afin de réduire les coûts liés à l’approvisionnement.

 

Orange et le free cooling

 

Techzine.be

Encore une fois, il est question d’usage des climats froids pour réduire les coûts environnementaux. Cette fois c’est hors de l’eau que se réalise l’économie. Le free cooling consiste à profiter de l’air extérieur pour refroidir les serveurs. C’est ainsi que le data center d’Orange à Val de Reuil, en Normandie près de Rouen atténue son empreinte carbone.

 

Microsoft et son data center hybride

 

S. Eklund/Red Box Pictures/Natick/Naval Group

 

Fondée en 1975 par Bill Gates et Paul Allen, Microsoft s’est imposé comme la référence des systèmes d’exploitations avec près de 90% des ordinateurs qui l’utilisent dans le monde. Un succès qui rend indispensable la prise de conscience écologique de Microsoft. Le géant américain a donc décidé d’allier les bienfaits de l’immersion sous-marine des data centers avec d’autres techniques innovantes concentré en un data center qui porte un nom : le Natick.

 

F. Beterlin/Naval Group

A l’intérieur du vaisseau, l’atmosphère est constituée d’azote pur, sans oxygène ni humidité, afin d’éviter la corrosion

Ben Cutler, l’ingénieur en charge du projet Natick, au sein de la division Special Projects de Microsoft Research

 

De plus, l’eau de mer pompée alimente le circuit de refroidissement permettant de garder les serveurs hébergés par le data center a une température inférieure à 14 °C contre 15 à 35 °C pour un data center sur terre. Enfin, une consommation moindre en électricité rime avec durée de vie prolongée des serveurs. Véritable prouesse technologique, le data center met également 3 mois à être installé contre 1 an et demi à 2 ans pour un data center classique. Situé au nord de l’Ecosse, le Natick est résolument une inspiration à suivre avec attention.

 

Récupérer la chaleur émise par les data centers

C.ANGER

Lorsqu’on n’a pas les moyens d’exporter les data centers, ils restent des solutions pour compenser sa consommation d’énergie et la pollution qu’elle engendre. C’est dans cette optique qu’en mai 2017 est née le projet du data center collé à la piscine des Buttes au Cailles. Pour chauffer cette dernière, des ingénieurs ont imaginé un système intelligent de “chauffage numérique”. Tel une chaudière, le data center ou plutôt la chaleur qu’émet les serveurs qu’il héberge permette de maintenir les bassins intérieurs et extérieurs à 27 °C pendant toute l’année ! Une économie estimé à plus de 45 tonnes de CO2 par an.

Contre la pollution émise par les data centers, nous sommes aussi acteurs

Toute votre activité en ligne a un impact écologique. Le stockage de ces milliers d’e-mails que vous avez peut-être dans vos boîtes mail consomme de l’énergie. Donc si vous n’en avez pas besoin, débarrassez-vous-en !

Gary Cook, Spécialiste des Technologies du Numérique, Greenpeace, 2016

Facebook, Google ou encore Apple se sont engagés, en 2013, à atteindre le 100% d’énergies renouvelables pour faire tourner leurs serveurs. Une ambition plébiscitée par Greenpeace et depuis suivie par d’autres acteurs du numériques. Mais, nous aussi, nous avons notre rôle à jouer. En effet, nous sommes les premiers pourvoyeurs de données sur internet, des données qui impliquent un stockage dans les data centers. Prôner la sobriété numérique est donc indispensable si l’on veut avoir un impact commun positif en faisant respirer les data centers. Exporter ses photos et vidéos de vacances sur une clé USB, supprimer ses anciens posts facebook et ses tweets ou encore nettoyer sa boîte mail sont des leviers pertinents à activer. Et si vous cherchez de l’aide pour le nettoyage des mails, n’hésitez pas à télécharger l’application gratuite ou utiliser la version web de Cleanfox. C’est le choix que près de 3 millions d’internautes ont fait. Une décision payante puisque, en moyenne, 6 kg de CO2 par an sont économisés par un utilisateur Cleanfox.